Athénaïs (Ἀθηναΐς) ou Eudocia Augusta (Εὐδοκία Σεβαστή, Εὐδοκία Αὐγούστη)   

Athénaïs, originaire d’Athènes, fille du rhéteur Léontios ou du philosophe Héraclite, avait une éducation païenne, fortement imprégnée de philosophie. Elle était non seulement familière des lettres et de la rhétorique grecques et latines, mais aussi férue d’astronomie, de géométrie et d’arithmétique. On ignore sa date de naissance, mais Nicéphore Callisti nous apprend qu’elle est morte à l’âge de 67 ans, la 4e année du règne de Léon, soit en 460-1 ; elle serait donc née en 393-4. Grâce à l’entremise de Pulchérie, la sœur de l’empereur Théodose II, qui compatit aux malheurs de la jeune fille déshéritée par son père au profit de ses frères, et qui avait remarqué ses qualités, elle épousa l’empereur le 7 juin 421, après avoir, raison d’État oblige, reçu le baptême sous le nom d’Aelia Licinia Eudocia. En 438, elle effectua un pèlerinage à Jérusalem, suite à un vœu à l’occasion du mariage de sa fille, où elle restera jusqu’à sa mort en 460, en exil plus ou moins volontaire, suite à ses sympathies monophysites ou suite à des accusations mensongères d’infidélité (cf. T. 6). Selon Schoell, cette princesse avait été justement dégoûtée de Théodose, depuis que ce prince, faible et soupçonneux au dernier point, avait fait assassiner Paulin, son ministre, son ami, et l'ami de la princesse. « Elle s'éloigna, dit Lebeau, Hist. du Bas-Empire, vol. VII, p. 149, de Théodose, qui, prévenu de noirs soupçons, ne fit rien pour la rappeler. Enfin, détestant le diadème et la cour, et regrettant la vie obscure qu'elle avait quittée avec tant de joie vingt ans auparavant, elle demanda et obtint sans peine la permission de se retirer à Jérusalem, où elle avait déjà fait un voyage. La jalousie de l'empereur y suivit cette princesse infortunée. Théodose ayant appris que le prêtre Sévère et le diacre Jean, qu'elle avait choisis pour compagnons de son exil volontaire, la visitaient souvent, et qu'elle les comblait de présents, envoya Saturnin, comte des domestiques, qui les fit mourir sans aucune forme de procès. Irritée de cette nouvelle insulte, Eudocie s'emporta à un tel excès qu'elle fit tuer Saturnin ; forfait plus capable de noircir son innocence que de la venger. L'empereur se contenta de la punir en lui ôtant tous ses officiers, et la réduisant à une condition privée. Elle vécut encore vingt années dans les larmes et dans la douleur la plus amère, tâchant d'effacer par ses bonnes œuvres le crime que son honneur outragé lui avait fait commettre. »

Elle fonda en Terre-Sainte de nombreuses églises et s’occupa de rassembler les ossements du premier martyr, Étienne (cf. T. 9). Une inscription récemment découverte en Attique semble indiquer que Théodose dressa dans la patrie de sa femme une statue en son honneur, sans doute au début de leur mariage (T. 10). Lors de son voyage à Antioche, la cité lui avait également élevé une statue.

C’est à Jérusalem qu’elle composa, ou plutôt adapta à partir d’Homère, la plupart de ses hexamètres sur la vie des martyrs Cyprien d’Antioche et Justine (en 3 livres), une Réécriture de Zacharie et de Daniel, ainsi que de l’Octateuque, et un recueil de centons homériques (2343 vers) sur la vie du Christ connu sous le nom de Ὁμηρόκεντρα, peut-être la continuation d’une œuvre de Patricius, en plus du poème en l’honneur de la victoire de Théodose sur les Perses en 421-2, et d’un Éloge d’Antioche. Les Centons homériques, malgré leur étrangeté, sont intéressants dans la mesure où l’on y retrouve des traditions et l’influence des Évangiles apocryphes. Il se pourrait cependant que ce recueil ne soit pas d’Eudocie, ou qu’il en existât une version plus ancienne, que st Jérôme a utilisée.

Photius cite avec éloge la Réécriture de l’Octateuque en hexamètres et lui donne un rang parmi les poèmes héroïques, quoique les règles n’y soient pas suivies et qu’on n’y trouve pas les grâces de l’imagination, parce que le sujet ne s’y prêtait pas.

Le centon (en grec ἰωνιά « lieu planté de violettes », ici « anthologie ») consiste à réécrire des textes sacrés en vers grecs et à partir de vers déjà existants. On utilise par exemple les vers d'Homère que l'on fragmente pour qu'ils servent à raconter des épisodes de la Bible. Quelque 50 ans plus tôt, Ausone avait composé le Cento nuptialis à partir de vers de Virgile.

Le 26 février 425, Théodose fonda la première université d’État, le Pandidaktérion, avec 30 professeurs, dont 15 de langue et littérature grecques ; on y enseignait aussi le droit romain, la philosophie, mais pas la théologie, laquelle dépendait du patriarcat. Faut-il voir là l’influence de son épouse ? C’est en tout cas à l’influence d’Eudocie et de Pulchérie, toutes deux passionnées des lettres grecques, que les historiens attribuent l’hellénisation de l’Empire romain d’Orient, qui deviendra l’Empire byzantin.

 

Kl. Pauly, s.v.
Martino.
Chauffepié,  p. 215.
Mayeul, Dictionnaire universel, s.v.
Smith, s.v.
Menage, Hist. mulierum philos. pp. 28-39.
Schoell, Hist. litt. Gr., VI p. 104-5.

 

Testimonia

1) J. Malalas, Chron.  353-355 ; même histoire dans la Chronique pascale, avec Héraclite au lieu de Léontios :

Ἐν δὲ τῷ μεταξὺ συνέβη ἐλθεῖν ἐν Κωνσταντινουπόλει μετὰ τῶν ἰδίων συγγενῶν κόρην εὐπρεπῆ, ἐλλόγιμον, Ἑλλαδικήν, ὀνόματι Ἀθηναΐδα, τὴν καὶ Εὐδοκίαν μετακληθεῖσαν, θυγατέρα γενομένην Λεοντίου τοῦ φιλοσόφου Ἀθηναίου εὐπορωτάτου· ἥτις Ἀθηναῒς ἡ καὶ Εὐδοκία ἠναγκάσθη καταλαβεῖν τὴν βασιλεύουσαν πόλιν πρὸς τὴν ἰδίαν αὐτῆς θείαν διὰ τὴν αἰτίαν ταύτην. ὁ φιλόσοφος Λεόντιος ὁ αὐτῆς πατὴρ ἔχων υἱοὺς τελείους δύο, μέλλων τελευτᾶν διέθετο, τάξας ἐν τῇ ἑαυτοῦ διαθήκῃ τοὺς δύο αὐτοῦ υἱοὺς κληρονόμους πάσης τῆς ὑπ' αὐτοῦ καταλιμπανομένης περιουσίας Οὐαλέριον καὶ Γέσιον, εἰρηκὼς ἐν τῇ αὐτοῦ διαθήκῃ, Ἀθηναΐδι τῇ ποθεινοτάτῃ μου γνησίᾳ θυγατρὶ δοθῆναι βούλομαι νομίσματα ἑκατὸν καὶ μόνον· ἀρκεῖ γὰρ αὐτῇ ἡ αὐτῆς τύχη ἡ ὑπερέχουσα πᾶσαν γυναικείαν τύχην. καὶ ἐτελεύτησεν ὁ αὐτὸς Λεόντιος ὁ φιλόσοφος ἐν Ἀθήναις. μετὰ οὖν τὴν αὐτοῦ ἀποβίωσιν ἐδυσώπει ἡ αὐτὴ Ἀθηναῒς ἡ καὶ Εὐδοκία τοὺς ἰδίους ἀδελφούς, ὡς μείζονας, προσπίπτουσα αὐτοῖς καὶ αἰτοῦσα μὴ προσχεῖν τῇ αὐτῇ διαθήκῃ, ἀλλὰ κατὰ τὸ τρίτον μέρος μερίσασθαι μετ' αὐτῶν τὰ πατρῷα, λέγουσα μηδὲν ἡμαρτηκέναι, ὡς καὶ ὑμεῖς οἴδατε, πρὸς τὸν ἴδιον ὑμῶν πατέρα· καὶ οὐκ οἶδα διὰ τί ἄπορόν με κατέλιπε μέλλων τελευτᾶν καὶ εὐπορίας τύχην μετὰ τὴν αὐτοῦ νέκρωσιν ἐχαρίσατο. οἱ δὲ αὐτῆς ἀδελφοὶ ἔμειναν ἀπειθεῖς, καὶ ὀργισθέντες ἐδίωξαν αὐτὴν καὶ ἐκ τοῦ πατρῴου αὐτῆς οἴκου, ἔνθα συνέμενεν αὐτοῖς. καὶ ἐδέξατο αὐτὴν ἡ ἀδελφὴ τῆς γενομένης αὐτῆς μητρός, ὡς ὀρφανήν, καὶ ὡς παρθένον ἐφύλαξεν αὐτήν. ἥντινα λαβοῦσα ἀνῆλθεν ἐν Κωνσταντινουπόλει πρὸς τὴν ἄλλην ἀδελφὴν τοῦ αὐτῆς πατρὸς καὶ θείαν αὐτῆς. καὶ λαβοῦσαι αὐτὴν ποιῆσαι ἀξίωσιν κατὰ τῶν αὑτῆς ἀδελφῶν παρεσκεύασαν αὐτὴν προσελθεῖν τῇ εὐσεβεστάτῃ δεσποίνῃ Πουλχερίᾳ, ἀδελφῇ Θεοδοσίου βασιλέως. καὶ δὴ προσελθοῦσα ἐδίδαξεν ὡς βιαζομένη παρὰ τῶν ἰδίων αὐτῆς ἀδελφῶν, διαλεγομένη ἐλλογίμως. καὶ ἑωρακυῖα αὐτὴν ἡ αὐτὴ Πουλχερία εὐπρεπῆ καὶ ἐλλόγιμον, ἐπηρώτησε τὰς αὐτῆς θείας εἰ ἐστὶ παρθένος. καὶ ἐδιδάχθη παρ' αὐτῶν ὅτι παρθένος ἐστὶν ἁγνὴ φυλαχθεῖσα ὑπὸ τοῦ αὐτῆς πατρός, φιλοσόφου γεναμένου ἐν Ἑλλάδι, καὶ διὰ λόγων πολλῶν φιλοσοφίας ἀναχθεῖσα. καὶ κελεύσασα αὐτὴν ἅμα ταῖς αὐταῖς θείαις διὰ κουβικουλαρίων φυλαχθῆναι καὶ περιμεῖναι, λαβοῦσα, φησί, τὴν δέησιν παρ' αὐτῆς εἰσῆλθε πρὸς τὸν ἴδιον αὐτῆς ἀδελφὸν τὸν βασιλέα Θεοδόσιον καὶ εἶπεν αὐτῷ ὅτι Ηὗρον νεωτέραν πάνυ εὔμορφον, καθαρίαν, εὔστολον, ἐλλόγιμον, Ἑλλαδικήν, παρθένον, θυγατέρα φιλοσόφου. ὁ δὲ ἀκούσας, ὡς νεώτερος, ἀνήφθη· καὶ μεταστειλάμενος τὸν συμπράκτορα αὐτοῦ καὶ φίλον Παυλῖνον ᾔτησε τὴν ἑαυτοῦ ἀδελφὴν ὡς ἐπ' ἄλλῳ τινὶ εἰσαγαγεῖν τὴν Ἀθηναΐδα τὴν καὶ Εὐδοκίαν ἐν τῷ αὑτῆς κουβικλείῳ, ἵνα διὰ τοῦ βήλου θεάσηται αὐτὴν ἅμα Παυλίνῳ. καὶ εἰσήχθη· καὶ ἑωρακὼς αὐτὴν ἠράσθη αὐτῆς, καὶ Παυλίνου δὲ θαυμάσαντος αὐτήν. καὶ κρατήσας αὐτὴν καὶ χριστιανὴν ποιήσας, ἦν γὰρ Ἕλλην, καὶ μετονομάσας αὐτὴν Εὐδοκίαν, ἔλαβεν αὐτὴν εἰς γυναῖκα, ποιήσας αὐτῇ βασιλικοὺς γάμους. καὶ ἔσχεν ἐξ αὐτῆς θυγατέρα ὀνόματι Εὐδοξίαν. 

… Il arriva donc dans ce temps-là qu’une jeune fille, Grecque de naissance, d’une beauté singulière et d’un esprit fort cultivé, vint à Constantinople. Elle s’appelait Athénaïs, fille de Léontios. … Pulchérie, voyant dans cette jeune fille une grande beauté jointe à un grand esprit … son père ayant pris beaucoup de peine à lui enseigner la philosophie. … 

[Voici comment Pulchérie présente la candidate à l’empereur] « Elle est sage, et pleine d’agréments, elle a le front bien pris, les traits réguliers, le nez proportionné, la peau blanche, de grands yeux, le port fort beau, les cheveux blonds et bouclés, la démarche posée ; elle est avec cela bien élevée, c’est une jeune Grecque. »

2) Const. VII Porphyr., De legationibus 146 :

καὶ πρὸς τοῦτο ἐπένευσε βασιλεὺς καὶ Σατορνίλου περιουσίᾳ καὶ γένει κοσμουμένου θυγατέρα εἰρήκει δώσειν. τὸν δὲ Σατορνίλον ἀνῃρήκει Ἀθηναῒς ἡ καὶ Εὐδοκία· ἀμφοτέροις γὰρ ἐκαλεῖτο τοῖς ὀνόμασιν. 

 

4) Évagre 1, 20 :

Théodose épousa sur le conseil de Pulchérie sa sœur, Eudocie née Athénienne, fort belle personne et très habile en poésie.

3) Socr., Hist. eccl. 7, 21 :

Τῆς οὖν ἐκ Θεοῦ νίκης τοῖς Ῥωμαίοις ὑπαρξάσης, πολλοὶ τῶν ἐν λόγοις ἀνθούντων εἰς τὸν βασιλέα βασιλικοὺς ἔγραφον λόγους, δημοσίᾳ τε τούτους παρῄεσαν. Καὶ δὴ καὶ ἡ τοῦ βασιλέως γαμετὴ ἡρωϊκῷ μέτρῳ ποιήματα ἔγραφεν· ἦν γὰρ ἐλλόγιμος· Λεοντίου γὰρ τοῦ σοφιστοῦ τῶν Ἀθηνῶν θυγάτηρ οὖσα, ὑπὸ τῷ πατρὶ ἐπαιδεύθη, καὶ διὰ λόγων ἐληλύθει παντοίων. 

[après la victoire des Romains sur les Perses] l’impératrice elle-même, femme de Théodose le jeune, fit un poème en vers héroïques, car elle était fort savante, étant fille du rhéteur Léontios, qui l’avait élevée avec beaucoup de soin et instruite dans toutes les sciences.

 

5) Nicéph. 14, 23 :

Comme elle était dans cette pensée [scil. Pulchérie cherche une femme pour son frère], il arriva fort à propos qu’une personne qui s’appelait Athénaïs et qui était encore fille, vint d’Athènes à Constantinople. Elle était fille du philosophe Léontios, et avait beaucoup de génie. Son père l’avait instruite dans les lettres grecques et latines, de manière qu’elle avait fait plus de progrès que personne dans la philosophie pratique et contemplative et dans toutes les subtilités de la logique. Elle surpassait toutes les personnes de son âge par ses capacités en astronomie, en géométrie et dans la science des nombres.

 

6) Suid., s.v. Κῦρος, Πανοπολίτης, ἐποποιός. γέγονεν ἐπὶ Θεοδοσίου τοῦ νέου βασιλέως, ὑφ' οὗ καὶ ἔπαρχος πραιτωρίων καὶ ἔπαρχος πόλεως προεβλήθη· καὶ γέγονεν ἀπὸ ὑπάτων καὶ πατρίκιος. Εὐδοκία γὰρ ἡ Θεοδοσίου γαμετή, βασιλὶς οὖσα, ὑπερηγάσθη τὸν Κῦρον, φιλοεπὴς οὖσα. ἀλλὰ αὐτῆς ἀποστάσης τῶν βασιλείων καὶ εἰς ἀνατολὴν ἐν Ἱεροσολύμοις διατριβούσης …

Cyrus, de Panopolis, auteur épique. Né sous Théodose (II) le Jeune, qui le promut préfet du prétoire et préfet de la ville, d’une famille de sénateurs et de patriciens. Eudocia, l’épouse de Théodose, qui était impératrice, admirait sans compter Cyrus, car elle aimait la poésie épique. Mais lorsqu’elle se fut retirée du palais et qu’elle vivait en Orient, à Jérusalem,…

 

7) Phot., Codex 183, 128a Bekker :

Ἀνεγνώσθη μετάφρασις τῆς Ὀκτατεύχου· ἡρῷον δ' αὐτὴν μέτρον μετεποίει, λόγοι δ' ἦσαν ηʹ κατὰ ἀριθμὸν καὶ τομὴν τῶν ἀμειφθέντων, Εὐδοκίας δὲ τῆς βασιλίδος ἐν ἐπιγραφαῖς πόνον ἔλεγεν ἡ βίβλος τὸ μέτρον. Ὅπερ ὅτι καὶ γυναικὸς καὶ βασιλείᾳ τρυφώσης καὶ οὕτω καλόν, ἄξιον θαυμάσαι. 

Lecture de la Réécriture de l’Octateuque : essai de réécriture en vers héroïques, en huit livres, avec résumé des livres correspondants ; le livre dit que la principale difficulté de l’impératrice Eudocie a été le mètre. Mais que ce soit l’œuvre d’une femme, vivant dans le luxe de la Cour, et que ce soit à ce point réussi, cela mérite d’être remarqué.

8) .Michael Glycas, Annales 484 sqq :

Ἡ τοῦ βασιλέως ἀδελφὴ Πουλχερία λαβεῖν ἄνδρα οὐκ ἠθέλησεν, ἀλλὰ τὴν ἑαυτῆς παρθενίαν τῇ θεοτόκῳ ἀνέθετο. αὕτη καὶ τὸν ἐν Βλαχέρναις ναὸν τῆς θεοτόκου ἐδείματο. γίνωσκε δέ, ἀγαπητέ, ὅτι ἡ τοῦ βασιλέως κυρὰ Εὐδοκία θυγάτηρ ἐγένετο φιλοσόφου τινὸς ἐξ Ἑλλάδος ὄντος. οὗτος δὲ τελευτῶν τοῖς μὲν τρισὶν υἱοῖς ἀφῆκε πᾶσαν τὴν περιουσίαν αὐτοῦ, περὶ δὲ ταύτης εἶπεν „Ἀθηναΐδι τῇ ποθεινοτάτῃ μου θυγατρὶ ἀφίημι νομίσματα ρʹ· ἀρκεῖ γὰρ αὐτῇ ἡ τύχη αὐτῆς.” ἡ μέντοι Ἀθηναῒς μηδὲ ταῦτα τὰ ρʹ λαμβάνουσα καταλαμβάνει τὴν μεγαλόπολιν, ἐκδίκησιν ὥστε λαβεῖν. καὶ οὕτω διὰ τὴν αὐτῇ παροῦσαν εὐπρέπειαν τοῦ βασιλέως γυνὴ ἐχρημάτισεν. ὅθεν καὶ πρὸς τοὺς ἀδελφοὺς αὐτῆς, ἐλθόντας ὕστερον πρὸς αὐτήν, εἶπεν „εἰ μὴ ὑμεῖς ἠδικήσατέ με, οὐκ ἠναγκαζόμην ἐλθεῖν ἐνταῦθα καὶ βασιλεῦσαι.” μετὰ δὲ ταῦ-τα τοῦ βασιλέως σκανδαλισθέντος ἐπ' αὐτῇ διὰ τὸν Παυλῖνον (ἑώρακε γὰρ εἰς αὐτὸν τὸ πάμμεγα μῆλον ἐκεῖνο, ὅπερ πένης μὲν αὐτῷ τῷ βασιλεῖ δῶρον ἔφερεν, ὁ δὲ βασιλεὺς πρὸς τὴν δέσποιναν αὖ μετεκόμισεν) ἐξῄτησεν αὕτη ἀπελθεῖν εἰς Ἱεροσόλυμα. καὶ δὴ καὶ ἀπῆλθε καὶ ἐξαίσιά τινα ἐποίησε καὶ τὰ ἐκεῖσε τείχη ἔκτισεν, ὡς ἐν αὐτῇ πέρας λαβεῖν τὸ Δαυιτικὸν ἐκεῖνο ῥητὸν τὸ λέγον „ἀγάθυνον κύριε ἐν τῇ εὐδοκίᾳ σου τὴν Σιών, καὶ οἰκοδομηθήτω τὰ τείχη Ἱερουσα-λήν.” ἀλλὰ καὶ τελευτῶσα ἔλεγεν μηδὲν τῷ Παυλίνῳ συνιδεῖν, εἰ καὶ φιλοτίμως εἶχε πρὸς αὐτὸν οὐ μικρῶς ἅτε συνεργήσαντα, ἡνίκα Πουλχερία τῷ Θεοδοσίῳ δοῦναι ταύτην πρὸς λέχους κοινωνίαν ἐφρόντιζεν. 

Ὅσην δὲ ὁ Θεοδόσιος οὗτος κεκρυμμένην ἀρετὴν ἐκέκτητο, δῆλον ἐντεῦθεν. μοναχός τις ἔτη μʹ δουλεύσας ὡς δεῖ τῷ θεῷ ὑπέλαβέ τι μέγα περὶ ἑαυτοῦ, καὶ ζητεῖ μαθεῖν ἐν ποίᾳ τάξει κέκτηται αὐτὸν ὁ θεός, καὶ μανθάνει ὅμοιος εἶναι Θεοδοσίῳ τῷ βασιλεῖ. ἀπαίρει λοιπὸν πρὸς αὐτόν, καὶ ζητεῖ μαθεῖν τὴν ἀρετὴν αὐτοῦ. καὶ ὁ βασιλεὺς πολλὰ μὲν αὐτῷ ἀπεκάλυψεν ἕτερα, οἷον ξηροκοιτίαν, ἐνδυμενίαν τρίχινον, ἀποχὴν γυναικός, νηστείαν, ἐλεημοσύνην, δικαιοπραγίαν, καὶ ὅσα τοιαῦτα. ὁ δὲ μοναχὸς ἀπαρεσκόμενος δῆθεν τοῖς ἀπαριθμηθεῖσιν, ἐβιάζετο τὸν βασιλέα εἰπεῖν καὶ εἴπερ τι ἕτερον μεῖζον τῶν εἰρημένων κέκτηται. καὶ ὃς ἔλεγεν ἐν ἡμέρᾳ ἱππικοῦ θεάτρου καθῆσθαι μὲν ἐν τῷ συνήθει τόπῳ αὐτοῦ, μὴ ἐνατενίζειν δὲ τῷ θεάτρῳ, καλλιγραφεῖν δὲ πρὸς τούτοις, καὶ οὕτω τὴν ζωὴν αὐτοῦ ταῖς ἰδίαις χερσὶ συγκρατεῖν. τούτων ἀκούσας ὁ μοναχὸς τοσαύτην ἐδέξατο ἔκπληξιν ὡς καὶ ἑαυτὸν ἀγαπῆσαι ὅτι τοσούτῳ τὴν ἀρετὴν ἀνθρώπῳ συντέτακται. 

Ὁ μέντοι Θεοδόσιος οὗτος τοσοῦτον ἦν ἀπόνηρός τε καὶ ἄπλαστος, ὡς εἴ τις χάρτην αὐτῷ γεγραμμένον ἔφερε, γράμμασιν αὐτὸν ἐρυθροῖς εὐθέως ἐσημειοῦτο, μὴ κατεξετάζων ὁποῖα δὴ τὰ γεγραμμένα καὶ τίνος εἰσὶ δυνάμεως. ἡ οὖν θαυμαστὴ Πουλχερία θελήσασα κἀν τούτῳ διορθώσασθαι τὸν ἄνακτα, πλάττεται χάρτην ὡς αὐτοῦ δῆθεν βασιλέως οἰκέτιν αὐτῇ τὴν βασιλίδα χαριζομένου, εἶτα δίδωσιν αὐτὸν τῷ βασιλεῖ, καὶ δέεται γράμμασιν ἐρυθροῖς τὸν τοιοῦτον ἐν-σημανθῆναι. γίνεται ταῦτα· λαμβάνει τὸν χάρτην, κἀντεῦθεν ἕλκει τὴν βασιλίδα καθάπερ δούλην τινά. δυσχεράναντος οὖν ἐπὶ τούτῳ τοῦ βασιλέως ἐκείνη τὸ γράμμα προύφερε τὸ βασίλειον, κἀκεῖθεν ἔλεγεν αὐτὴν ἐπὶ τούτῳ δικαιοῦσθαι. συνῆκε τὸ δρᾶμα ὁ βασιλεύς, κἀντεῦθεν οὐ μικρὰν ἐπὶ τῷ σφάλματι δέχεται τὴν διόρθωσιν. 

Μετὰ δὲ Θεοδόσιον Μαρκιανὸς ἔτη ἕξ, οἰκονομίᾳ καὶ σπουδῇ Πουλχερίας τῆς ἀδελφῆς Θεοδοσίου· ἡ γὰρ θαυμαστὴ αὕτη γυνὴ τὰ τῆς βασιλείας σκῆπτρα μετὰ τὸν τοῦ Θεοδοσίου θάνατον δεξαμένη, καὶ γνοῦσα ὅτι βασιλέως τὰ τῶν Ῥωμαίων χρῄζουσι πράγματα, τὸν εὐσεβῆ μετακαλεῖται Μαρκιανὸν καὶ τὸ τῆς βασιλείας στέφος αὐτῷ περιτίθησι, φρικτοῖς αὐτὸν πρότερον ὅρκοις καταδεσμήσασα τοῦ φυλάξαι αὐτῇ τὴν ἁγνείαν ἀδιαλώβητον. οὗτος μὲν οὖν ὁ Μαρκιανὸς πένης ἦν, ἀλλὰ χρηστὸς τοὺς τρόπους. οὗτος στρατιώτης ὢν εἰς ἐκστρατείαν ἀπῆρέ ποτε, καὶ καθ' ὁδὸν ὑπνώσαντα τοῦτον εἶδον οἱ συγκοιμώμενοι αὐτῷ πρότερον ἀναστάντες ὑπὸ πτερύγων ἀετοῦ σκεπόμενον. ἀλλὰ καὶ κατὰ Γιζερίχου τοῦ τῶν Λιβύων ἄρχοντος ἐκστρατεία γίνεται, ἐν ᾗ καὶ ὁ Μαρκιανὸς συνὼν αἰχμάλωτος ἄγεται. ὁ γοῦν Γιζερίχος ἰδεῖν τοὺς αἰχμαλώτους θελήσας ἀφ' ὑψηλοῦ τούτοις ἐπεσκόπηκε, καὶ δὴ τὸν Μαρκιανὸν ὑπνοῦντα ὁρᾷ καὶ σκιᾶς ὑπὸ ἀετοῦ ἀπολαύοντα. θαυμάζει τὸ πρᾶγμα, θεῖον εἶναι κρίνει τὸν ἄνδρα καὶ τοῦ τῶν Ῥωμαίων κράτους ἄξιον. ὅθεν καὶ οὐχ ὅσιον ἔκρινε τοιοῦτον ἄνδρα κτεῖναι, προβεβλημένον εἰς βασιλείας ὕψος ἄνωθεν, ἀλλὰ καὶ τιμᾷ καὶ ἱκετεύει, εἴγε κρατήσειε, μὴ μάχην συγκροτῆσαι τοῖς Λίβυσιν. ἀπολύεται οὖν ἐκεῖθεν καὶ πρός γε τὴν μεγαλόπολιν ἔρχεται. τελευτᾷ τὸν βίον ὁ Θεοδόσιος, καὶ κρίσει τῆς Πουλχερίας βασιλεὺς Ῥωμαίων ἀναγορεύεται. τότε δὴ τότε καὶ λίθοι τρεῖς ἔπεσον ἐκ τοῦ οὐρανοῦ παμμεγέθεις. οὗτος ἐκέλευσε μὴ γίνεσθαι ἄρχοντας ἐπὶ δόσει νομισμάτων. …

 

9) Zonaras, 110 sqq. :

Τότε μὲν οὖν τῆς πεπλασμένης ἐκείνης πράσεως σχολασάσης, ἡ βασιλὶς ἀποκατέστη τῷ αὐτοκράτορι. μετέπειτα δ' αἰτίας συμβάσης τινός, ἀπέστερξε τὴν Αὐγούσταν ὁ βασιλεύς· ἡ δ' αἰτία· μῆλον ὑπερφυὲς εἰς ὄγκον ἐκομίσθη τῷ βασιλεῖ. ὁ δὲ τοῦτο θαυμάσας τῇ βασιλίδι ἀπέστειλε, κἀκείνη τῷ Παυλίνῳ τὸ μῆλον δέδωκεν· (ἦν δὲ λόγιος ὁ ἀνήρ, κἀντεῦθεν τῇ βασιλίσσῃ ᾠκείωτο). ὁ δὲ τὸ τοῦ μήλου μέγεθος ἀγασθεὶς καὶ ἀγνοῶν περὶ αὐτοῦ προσάγει τοῦτο τῷ βασιλεῖ. ἐκεῖνος δ' ἐπέγνω τὸ προσαχθὲν καὶ κρύψας αὐτὸ τὴν γυναῖκα ἠρώτησεν ὅποι τὸ σταλὲν αὐτῇ μῆλόν ἐστιν. ἡ δὲ φαγεῖν εἶπε τοῦτο, δείσασα μὴ ὁ ἀνὴρ ὑποπτεύσῃ ὃ ἐκεῖνος ἤδη ὑπώπτευσεν. ὁ δ' ἔτι προσήρετο ἐπιτατικώτερον· ἡ δ' αὖθις μεθ' ὅρκου φαγεῖν τὸ μῆλον ἀπισχυρίζετο. ἐξάγει τοῦτο μεστὸς ὁ αὐτοκράτωρ ὀργῆς. καὶ ἡ μὲν ἐπ' αὐτοφώρῳ ἑάλω μὴ ἀληθεύουσα· τῷ δὲ τὰ τῆς ὑπονοίας ἐστήρικτο. κἀντεῦθεν κτείνεται μὲν ὁ Παυλῖνος ἐξ ὑπονοίας ψευδοῦς, ἡ δ' Εὐδοκία μεμίσητο. καὶ ᾔτησεν ἀπελθεῖν εἰς Ἱεροσόλυμα· ἔνθα δὴ ἀπελθοῦσα σὺν πλούτῳ βαθεῖ ναούς τε ἐδείματο καὶ πολλὰ τοῖς πενομένοις καὶ τοῖς ἐκεῖ μοναστηρίοις δέδωκεν. ἐκεῖθεν δ' ἐπανελθοῦσα αὖθις μετὰ θάνατον τοῦ ἀνδρὸς ἐκεῖσε ἀφίκετο κἀκεῖ τετελεύτηκεν. οἵα δὲ περὶ λόγους ἦν αὕτη δηλοῦσι τὰ λεγόμενα Ὁμηρόκεντρα. Πατρικίου γάρ τινος ἐπιχειρήσαντος τῷ σπουδάσματι, ἀτελὲς δὲ καταλιπόντος αὐτὸ καὶ οἷον εἰπεῖν ἀνοργάνωτον, ἐκείνη καὶ εἰς τέλος ἤγαγε καὶ ὠργάνωσεν, ὡς καὶ ἡ παρ' ἐκείνης διὰ στίχων ἡρωικῶν τῷ πονήματι γενομένη ἐπιγραφὴ τοῖς ταύτην ἐπιοῦσι παρίστησι. 

Après cela elle lui renvoya Eudocie, qui tomba bientôt après dans la disgrâce pour le sujet que je vais dire. Comme l'on avait présenté un jour à Théodose une pomme d'une extraordinaire grosseur, il l'envoya à Eudocie, qui la donna à Paulin homme d'une grande érudition, et pour lequel elle avait une estime particulière. Paulin qui ne savait d'où elle venait la montra à l'Empereur à cause de sa rareté. Ce Prince l'ayant reconnue, et l'ayant cachée fit venir l'Impératrice sa femme, et lui demanda où était la pomme qu'il lui avait donnée. Eudocie craignant que l'Empereur ne conçût le soupçon qu'il avait déjà conçu, répondit qu'elle l'avait mangée. Sur ce qu'il la pressa de dire la vérité, elle assura avec serment qu'elle la disait. Alors l'Empereur transporté de colère lui montra la pomme, et la convainquit de mensonge. Cet accident accrût de telle sorte la jalousie, et les soupçons de Théodose qu'il fit mourir Paulin, bien qu'il fût très innocent. Eudocie voyant qu'elle avait encouru la haine de l'Empereur son époux, lui demanda permission d'aller à Jérusalem. Elle fit de grandes dépenses, et employa de grandes sommes au soulagement des pauvres, au  profit des monastères, et à la construction, et à l'embellissement des églises. Elle y fit encore un second voyage depuis la mort de l'Empereur son mari, et y finit ses jours.  Les Centons qu'elle a faits des vers d'Homère font des preuves de sa rare érudition. Un patrice les avait commencés, et ne les avait pu achever. Mais elle y mit la dernière main, et les laissa dans la perfection où nous les voyons, comme il paraît par une inscription en vers héroïques, qui est au commencement.

 

10) Thomsen, Jerusalem : doc. 209,18 (52 s. apr. JC):

[cr τά]δ' ὀστ[ᾶ τὰ τίμια], 

[ἃ ἦ]γεν τό[δ' ἡ σεμνὴ] 

[Ε]ὐδοκία Σ[εβαστὴ] 

τῶν ἐνδο[ξοτάτων] 

μαρτύρων — — 

Καλλινίκου [, — —], 

Δομνίνου , Τ— —, 

Θέκλης κ[αὶ τῶν ἄλλων]. 

cr αὐτοῖς ἁγί[οις δόξα. cr]  

Voici les ossements vénérables,

qu’a rassemblés ici la vertueuse

Eudocia Augusta,

des très glorieux

martyrs …,

Kallinikos, …

Domninos, T…,

Thécla, et des autres.

Gloire à ces saints.

11) Inscr. d’Attique (SEG 40, 184 = Hesp. 59, 1990, 371:

ε̣[ἵνε]κα φ̣[ιλ c.5—] βασιληίδος Εὐδ[οκίας — — —] 

Θευδόσι[ος βασιλε]ὺ̣ς̣ στῆσ̣εν ἄγαλ̣[μα τόδε] 

πι̣σ̣τ̣οτα[τ — —c.9— —]ΕΘΟ̣[?]Ν̣ θεραποντ[— — —] 

Θευδοσιο̣[— —c.9— —]Ο̣ΛΑ[— — —]ΕΧΟΝΤΙ̣[— — —] 

En l’honneur de la [philanthropie ?] de l’impératrice Eudocia,

Théodose empereur a érigé cette statue.

Opera

 

1) tiré des Centons homériques

Ὑπόθεσις τῶν Ὁμηροκέντρων. 

Βίβλος Πατρικίοιο θεουδέος ἀρητῆρος, 

ὃς μέγα ἔργον ἔρεξεν, Ὁμηρείης ἀπὸ βίβλου 

κυδαλίμων ἐπέων τεύξας ἐρίτιμον ἀοιδήν, 

πρήξιας ἀγγέλλουσαν ἀνικήτοιο θεοῖο·.

... 

Τούτους μὲν ἐξέθετο Πατρίκιος ἐπίσκοπος· ἡ δὲ ἀπολογία Εὐδοκίας Αὐγούστης τῆς Ἀθηναίας τῆς γυναικὸς Θεοδοσίου Αὐγούστου τοῦ νέου υἱοῦ Ἀρκαδίου βασιλέως αὕτη· 

Ἥδε μὲν ἱστορίη θεοτερπέος ἐστὶν ἀοιδῆς.

Πατρίκιος δ᾿ ὃς τήνδε σοφῶς ἀνεγράψατο βίβλον,

ἔστι μὲν ἀενάοιο διαμπερὲς ἄξιος αἴνου,

οὕνεκα δὴ πάμπρωτος ἐμήσατο κύδιμον ἔργον.

Ἀλλ᾿ ἔμπης οὐ πάγχυ ἐτήτυμα πάντ᾿ ἀγόρευεν,

οὐδὲ μὲν ἁρμονίην ἐπέων ἐφύλαξεν ἅπασαν,

οὐδὲ μόνων ἐπέων ἐμνήσατο κεῖνος ἀείδων,

ὁππόσα χάλκεον ἦτορ ἀμεμφέος εἶπεν Ὁμήρου.

Ἀλλ᾿ ἐγὼ ἡμιτελέστου ἀγακλεὲς ὡς ἴδον ἔργον,

Πατρικίου σελίδας ἱερὰς μετὰ χεῖρας λαβοῦσα,

ὅσσα μὲν ἐν βίβλοισιν ἔπη πέλεν οὐ κατὰ κόσμον,

πάντ᾿ ἄμυδις κείνοιο σοφῆς ἐξείρυσα βίβλον.

Ὅσσα δ᾿ ἐκεῖνος ἔλειπεν, ἐγὼ πάλιν ἐν σελίδεσσι

γράψα καὶ ἁρμονίην ἱεροῖς ἐπέεσσιν ἔδωκα.

.................................................................................

Πατρίκιος δ᾿, ὃς τήνδε σοφὴν ἀνεγράψατο δέλτον,

ἀντὶ μὲν Ἀργείων στρατιῆς γένος εἶπεν Ἐβραίων,

ἀντὶ δὲ δαιμονίης τε καὶ ἀντιθέοιο φάλαγγος,

ἀθανάτους ἤεισε καὶ υἱέα καὶ γενετῆρα.

Ἀλλ᾿ ἔμπης ξυνὸς μὲν ἔφυ πόνος ἀμφοτέρασι,

Πατρικίῳ κἀμοί, καὶ θηλυτέρῃ περ ἐούσῃ.

 

Incipit

Ce livre est de Patricius, prêtre craignant Dieu,

qui a conçu cette grande œuvre ; à partir des vers glorieux

de l’œuvre d’Homère, il a réalisé un chant de très grande valeur

qui proclame les actions du Dieu invincible.

… (24 vers) …

Voilà l’introduction de Patricius, évêque. L’apologie qui suit est d’Eudocia Augusta, née Athénienne, épouse de Théodose le Jeune, fils de l’empereur Arcadius. 

L’histoire que voici constitue un chant agréable aux dieux.

Patricius, qui a conçu ce livre avec grande habileté,

est digne à jamais d’une louange éternelle,

car il fut le premier à imaginer une œuvre aussi glorieuse.

Toutefois il n’a pas tout dit de façon véridique,

il n’a pas conservé non plus toute l’harmonie des vers,

les seuls vers qu’il ne mentionne pas sont les vers affreux

que le cœur de bronze de l’irréprochable Homère ont dits.

Quant à moi, lorsque je vis l’œuvre illustre à demi achevée,

je pris en mains les pages sacrées de Patricius,

et les vers qui n’avaient pas leur place dans le livre, 

je les retirai tous de son livre plein de sagesse ;

et les vers qu’il avait délaissés, je les remis dans les pages

et redonnai à ses vers sacrés leur harmonie.

Patricios, qui a composé cette œuvre pleine de sagesse,

a remplacé l’armée des Argiens par la race des Hébreux,

le cortège des divinités et des demi-dieux

par le Fils et la Mère immortels.

Toutefois ce travail est notre fruit commun à tous deux,

Patricius et moi, bien que je ne sois qu’une femme.

v. Centons homériques de la collection des Sources chrétiennes n° 427 (1998).

 

2) Une inscription dédicatoire comportant un poème en vers homériques d’Eudocie a été découverte 1980 à Gadara (Hammat Gader) :

- voir ici une photo (... de très mauvaise qualité).

- Di Segni, L., The Greek Inscriptions of Hammat Gader, in Hirschfeld, Y. (ed.), The Roman Baths of Hammat Gader. Final Report, Jerusalén 1997, p.185 sqq.

- SEG 32,1502, 1­36 [env. 455 av. JC]

cr Εὐδοκίας Αὐγούστης cr 

πολλὰ μὲν ἐν βιότῳ κ(αὶ) ἀπίρονα θαύματ' ὄπωπα,

τίς δέ κεν ἐξερέοι, πόσα δὲ στόματ', ὦ Kλίβαν' ἐσθλέ, 

4 σὸν μένος, οὐτιδανὸς γεγαὼς βροτός; ἀλλά σε μᾶλλο(ν) 

ὠκεανὸν πυρόεντα νέον θέμις ἐστὶ καλεῖσθαι. 

παιάνα καὶ γενέτην γλυκερῶν δοτῆρα ῥεέθρων. 

ἐκ σέο τίκτεται οἶδμα τὸ μύριον, ἄλλυδις ἄλλῃ, 

8 ὅππῃ μὲν ζεῖον, πῇ δ' αὖ κρυερόν τε μέσον τε. 

τετράδας ἐς πίσυρας κρηνῶν προχέεις σέο κάλλος. 

Ἰνδή · Ματρώνα τε · Ῥεπέντινος· Ἠλίας ἁγνός · 

Ἀντωνῖνος εὔς · Δροσερὰ Γαλατία · καὶ αὐτὴ 

12 Ὑγεία · καὶ χλιαρὰ μεγάλα · χλιαρὰ δὲ τὰ μικρὰ · 

Μαργαρίτης · κλίβανος παλεός · Ἰνδή τε · καὶ ἄλλη 

Ματρώνα · Βριαρή τε Μονάστρια · κ' ἡ Πατριάρχου. 

ὠδείνουσι τεὸν μένος ὄβριμον ἠνεκ̣[ὲς ἀϊέν], 

16 ἀλλὰ θεὸν κλυτόμητιν ἀείσο[μαι  

εἰς εὐεργεσείην μερόπων τε χρ[  ]. 

 

De l’Impératrice Eudocia 

Dans ma vie, j’ai vu bien des merveilles en nombre infini,

mais qui pourrait, noble Chaudière, eût-il mille bouches, 

dire ta force,  puisqu’il n’est qu’un mortel sans valeur ? 

Il convient de t’appeler plutôt nouvel océan de feu,

péan et source de vie, dispensateur de flots de miel.

C’est de toi que naît le flot sans fin, de ci et de là,

bouillant par ici, froid et tiède par là.

Ta beauté, tu la répands en quatre tétrades de sources :

l’Indienne et la Matrone, Repentinus et saint Elie,

Antonin le Bon, la fraîche Galatie ; et voici Hygie,

les grands bains tièdes, et les petits bains tièdes ;

la Perle, l’ancienne Étuve, l’Indienne et une seconde Matrone,

Briarée et les sources du Patriarche et de la Nonne.

A ceux qui souffrent, tu apportes sans cesse ta force puissante,

Mais je veux chanter plutôt le Dieu de Sagesse …

pour le bienfait des mortels …

3) Vie de saint Cyprien. 

Livre I (début mutilé) :

πάντας δ' ἠιθέους κεν ἀταρτηρῶς ἀπέπεμπεν, 

ὡς Χριστὸν μοῦνον μνηστὸν θεμένη τὸν ἄνακτα. 

ὃς δέ, λεὼν συναγείρας, ἀνακτορίους κατὰ θώκους 

πρός ῥα βίην ἐθέλεσκεν ἀγαυὴν παῖδα μιῆναι· 

ὅσσοι [δ'] ἑσπετόωνθ' ἅμ' αὐτῇ, αἰπὺ βόησαν, 

πάντες δ' ἐκ θαλάμων σὺν τεύχεσιν ἐσσεύοντο, 

τεῦξαν δ' Ἀγλαΐδαο νεήλυδας εἶθαρ ἀΐστους.

1 ...Elle renvoya tous les jeunes gens, même vertement

Pour estimer le Christ seulement son amant et son maître.

Il fit s'amasser la foule assise sur les bancs royaux

Car de force il voulut déshonorer l'éclatante enfant.

5 Ceux qui faisaient escorte se mirent à crier très fort,

Et chacun, de sa demeure, avec des armes, accourut

Faisant fuir bientôt la troupe novice d'Aglaïdas.


Eudocia Augusta (Εὐδοκία Σεβαστή, Εὐδοκία Αὐγούστη) de macrembolis

 

Épouse des empereurs Constantin XI (Ducas) et Romanus IV (Diogénès). Elle avait épousé Constantin avant son accession, et lui donna deux fils, Michel et Andronicus, avant son accession en 1059, un troisième fils après, Constantin, et deux filles, Théodora et Zoé. Elle reçut le titre d’Augusta au couronnement de son mari. Celui-ci, à sa mort (1067), confia l’empire à Eudocia et à leurs trois fils, Michel VII (Parapinacès), Andronicus Ier et Constantin XII (Porphyrogénète). Il demanda aussi à sa femme de jurer de ne point se remarier. Ses fils étant encore jeune, elle exerça de fait la régence. Mais se rendant compte que la frontière est de l’empire était menacée et qu’il fallait un empereur énergique, elle épousa Romanus IV (Diogénès). Romanus, qui s’était rendu célèbre pour sa force et ses qualités militaires, avait essayé de s’emparer du trône à la mort de Constantin XI, mais avait été devancé par Eudocia, qui l’emprisonna, puis l’exila. Elle le rappela donc, soit par raison d’État soit par affection, pour pendre le commandement de l’armée. Le serment qu’elle avait fait à son défunt mari avait été mis par écrit et conservé par le patriarche de Constantinople. Elle réussit à le récupérer par ruse et huit mois après la mort de son mari (1068), elle épousa Romanus et l’associa à l’empire. Elle espérait pouvoir le contrôler, mais se heurta vite à lui pour des questions de pouvoir. Entretemps, durant la captivité de Romanus, Joannes Ducas, frère de Constantin, qui avait reçut le titre de César, déclara Michel Parapinacès seul empereur et bannit Eudocia dans un couvent qu’elle avait elle-même construit en Propontide. A la mort de Romanus en 1071, elle ensevelit son mari en grande pompe et lui survécut plusieurs années.

 

Eudocia compila un dictionnaire d’histoire et de mythologie, intitulé ωνι, i.e. Recueil de violettes, précédé d’une dédicace à son mari Romanus ; elle décrit elle-même son ouvrage comme "une collection de généalogies de dieux, de héros et d’héroïnes, de leurs métamorphoses, et de fables et d’histoires à leur propos recueillis dans les auteurs anciens, avec des notices sur plusieurs philosophes." Les sources qu’elle utilisa sont en gros les mêmes que celles de Suidas.

 

Smith, s.v.
Schoell, Hist. Litt. Gr., vol. VI, p. 318-320.
Wolf, Mulierum, pp. 30 sqq.

Testimonia

1) Pseudo-Codinus, De annis ab orbe condito 75 :

Κωνσταντῖνος ὁ Δούκας ἔτη ζʹ, μῆνας ʹ. καὶ τελευτήσας κατέλιπε βασιλεύειν τὴν γυναῖκα αὐτοῦ τὴν δέσποιναν, τὴν κυρὰν Εὐδοκίαν τὴν Μακρεμβολίτισσαν, σὺν τῷ υἱῷ αὐτοῦ, τῷ κυρῷ Μιχαὴλ καὶ τῷ κυρῷ Κωνσταντίνῳ τῷ πορφυρογεννήτῳ. ἐκράτησεν οὖν ἡ κυρὰ Εὐδοκία ἡ δέσποινα σὺν τοῖς δυσὶν υἱοῖς αὐτῆς μῆνας ζʹ, ἡμέρας ιʹ. εἶτα λαβοῦσα ἄνδρα γνώμῃ τοῦ πατριάρχου καὶ τῆς συγκλήτου Ῥωμανὸν τὸν Διογένην, ἀνηγόρευσεν αὐτὸν βασιλέα κατὰ τὸν μάρτιον μῆνα, τῆς εʹ ἰνδικτιῶνος, τοῦ φοεʹ ἔτους. Ῥωμανὸς ὁ Διογένης μετὰ τῆς κυρᾶς Εὐδοκίας ἔτη γʹ, μῆνας ηʹ. καὶ διαφόρως ἐκστρατεύσας κατὰ Περσῶν ἐν τῇ τρίτῃ αὐτοῦ ἐκστρατείᾳ ἐκρατήθη αἰχμάλωτος παρὰ τοῦ σουλτάνου καὶ τῶν Τούρκων. 

τότε ἑάλω καὶ τῶν βασιλικῶν παρασήμων τὰ κάλλιστα. ἐν οἷς ὁ πολυθρύλητος μάργαρος ἦν, ὃν ὄρφανον κατωνόμαζον. 

ἀνηγορεύθη οὖν βασιλεὺς ὁ κῦρ Μιχαὴλ ὁ Δούκας καὶ ἐκράτησε τῆς βασιλείας ἅμα τῇ μητρὶ αὐτοῦ, τῇ δεσποίνῃ κυρᾷ Εὐδοκίᾳ, καὶ συνεβασίλευσε ταύτῃ μῆνα αʹ. κατεβίβασε δὲ ταύτην καὶ ἀπέκειρε, μόναρχος καταληφθεὶς αὐτός. 

 

2) Zonaras, Annales 3, 218-226 (681-706) :

Ὁ δέ γε βασιλεὺς νόσῳ ληφθεὶς καὶ ταύτῃ κάμνων ἐπὶ μακρὸν καὶ ταλαιπωρούμενος καὶ ἤδη κατεργασθεὶς καὶ ἀπαραίτητον αὐτῷ γνοὺς ἐπιέναι τὴν τελευτήν, τὴν μὲν βασιλείαν τοῖς υἱοῖς αὐτοῦ καταλέλοιπε τρισὶν οὖσιν, οὓς αὐτῷ ἡ σύνοικος Εὐδοκία ἐγείνατο, τοὺς δύο τὸν Μιχαήλ τε καὶ τὸν Ἀνδρόνικον ἰδιωτεύοντι ἔτι, τὸν δὲ Κωνστάντιον βασιλεύσαντι καὶ αὐτὴ Αὐγούστα ἀναρρηθεῖσα.

Κατὰ γοῦν τὰς τοῦ τελευτήσαντος βασιλέως διαταγὰς ἥ τε βασιλὶς Εὐδοκία καὶ οἱ παῖδες ἐκείνου τῆς βασιλείας ἦσαν διάδοχοι καὶ ἡ βασίλισσα τὴν τῶν κοινῶν μετακεχείριστο πρόνοιαν τῶν υἱέων κατάρχουσα καὶ ἐπὶ βήματος σὺν ἐκείνοις προὐκάθητο, μεσεύουσα μὲν αὐτή, ἐκείνους δὲ παρακαθίζουσα ἑκατέρωθεν, οὕτως ἐν ἀρχαιρεσίαις, οὕτως ἐν ζητήσεσι πολιτικῶν ὑποθέσεων, οὕτως ἐχρημάτιζον πρέσβεσιν, οὕτως ἐν συν-ήθεσι προόδοις προῄεσαν.

ὁ γοῦν Καῖσαρ Ἰωάννης καὶ οἱ ἐκείνου υἱοὶ ἀεί, ὡς εἴρηται, ἐγκοτοῦντες τῷ Διογένει ἁρπάζουσι τὸν καιρὸν καὶ προσλαβόμενοι τῶν τῆς συγκλήτου ἐνίους, ὅσοι ὡμοφρόνουν αὐτοῖς, ὧν ἐξῆρχεν ὁ ὑπέρτιμος ὁ Ψελλός, δύσνους καὶ αὐτὸς τῷ Διογένει τυγχάνων, τὴν βασίλισσαν Εὐδοκίαν εἰς τὴν παρ' αὐτῆς δομηθεῖσαν μονὴν κατὰ τὸν ἐν τῇ Προποντίδι πορθμὸν περιορίζουσι, τὸν δὲ Μιχαὴλ ἀνακηρύττουσιν αὐτοκράτορα. 

 

3) Michael Glycas, Annales, pars 4, 606 sqq. :

ἦσαν δὲ αὐτῷ παῖδες ἐξ Εὐδοκίας τῆς βασιλίδος, ἣν ἰδιωτεύων ἠγάγετο, Μιχαὴλ Ἀνδρόνικος καὶ Κωνσταντῖνος, ὃς καὶ πορφυρογέννητος ἦν, πρὸς τούτοις δὲ Ἄννα Θεοδώρα καὶ Ζωή. 

Τελευτῶν δὲ πάντας ἀπῄτησεν ἔγγραφον ὡς οὐκ ἄν ποτε παρὰ τοὺς αὐτοῦ παῖδας βασιλέα ἕτερον διαδέξονται, καὶ αὐτὴν δὲ τὴν βασίλισσαν Εὐδοκίαν ὡς οὐκ ἂν πρὸς δεύτερον ἀπίδοι συνοικέσιον, ἐφ' ᾧ κρατεῖ σὺν τοῖς παισὶν αὐτοῦ μῆνας ζʹ, καὶ τοῦ ἐγγράφου ἀπαρτισθέντος, καὶ εἰς φυλακὴν τῷ πατριάρχῃ δοθέντος. εἶχε μὲν οὕτω ταῦτα, καὶ οἱ Τοῦρκοι πάλιν πᾶσά τε ἡ ἀνατολὴ ἐκυμαίνετο. δέονται λοιπὸν βασιλέως τὰ πράγματα, ἐφ' ᾧ καὶ ψηφίζεται μὲν Νικηφόρος ὁ Βοτανειάτης καὶ ἕτεροι πολλοί, νικᾷ δὲ ὅμως ἡ θεία βουλή, καὶ βασιλεὺς ἀναγορεύεται ὁ Βεστάρχης Ῥωμανὸς ὁ Κωνσταντίνου τοῦ Διογένους υἱός, εἰ καὶ πρότερον ἐπιβουλεύσας τῷ βασιλεῖ κἀντεῦθεν δεσμηθεὶς καὶ ἐλεγχθείς, εἶτα παρὰ πᾶσαν ἐλπίδα τοῦ κινδύνου λυτρωθείς. 

Κρατεῖ ὁ τοιοῦτος Ῥωμανὸς ἔτη γ μῆνας ηʹ. ἡ μέντοι βασιλὶς θέλουσα μὲν συζευχθῆναί τινι τῶν ἐπιφανῶν, δεδοικυῖα δὲ διά γε τὸ ἔγγραφον καὶ τοὺς ἐνυπογράψαντας αὐτῷ, ἔγνω δεῖν ὑπὲρ γυναῖκα φρονῆσαι καὶ δόλῳ τὸν πατριάρχην ὑπελθεῖν. κοινοῦται τὸ πρᾶγμά τινι τῶν πρὸς τὰ τοιαῦτα ἐπιτηδείων. τιʹ γοῦν; ἀδελφὸς ἦν τῷ πατριάρχῃ Βάρδας τοὔνομα. πρόσεισι γοῦν τῷ πατριάρχῃ ὁ τομίας, ἀπαγγέλλει αὐτῷ μυστικῶς τὰ τοῦ πράγματος· „εἴγε οἰκονομία τις γένηται περὶ τοῦ ἐγγράφου, ὁ σὸς ἀδελφὸς τῇ βασιλίδι μίγνυται καὶ βασιλεὺς ἀναγορεύεται.” κατέχεται οὖν ἐντεῦθεν ὁ πατριάρχης, καὶ ἕνα καθ' ἕνα τῆς συγκλήτου μετακαλούμενος ἔπειθε πάντας ὡς παράνομον τὸ ἔγγραφον, καὶ διὰ ζῆλον ἑνὸς ἀνδρὸς τὰ Ῥωμαίων οὐ χρὴ καταβλάπτεσθαι· ἀναγκαῖον οὖν τὴν βασιλίδα ζευχθῆναι ἀνδρὶ ὡς ἀναθηλῆσαι καὶ αὖθις τὰ πράγματα. ὡς οὖν ἔσχε πάντας συμψήφους ὁ πατριάρχης, ἔνοπλος ὁ Διογένης εἰς τὰ βασίλεια ἔρχεται καὶ τῇ βασιλίδι συζεύγνυται, καὶ οὕτω τῶν σκήπτρων ἐγκρατὴς γίνεται. εἶχεν ἐφέδρους τούς τε προγόνους αὐτοῦ καὶ Καίσαρα τὸν τοῦ προβεβασιλευκότος ἀδελφόν. καὶ τηνικαῦτα τὰ κατὰ τὴν ἑώαν μανθάνει, καὶ κατὰ τῶν Τούρκων χωρεῖ, καὶ εἰς Σεβάστειαν ἐλθὼν καὶ ἔνθεν κἀκεῖθεν παραγενόμενος μεγάλα κατὰ τῶν Τούρκων ἔστησε τρόπαια. ὑποστρέφει πρὸς τὴν βασιλίδα. καὶ τὰς συνήθεις ῥόγας τῇ συγκλήτῳ καὶ τῷ λαῷ ποιησάμενος ἐκστρατείας καὶ αὖθις ἐφάπτεται, μηδὲ αὐτὰς τὰς πασχαλίας ἡμέρας καρτερήσας. 

 

 

Eudokia (Εὐδοκία), dite Eudokia Palaiologina   

Femme de Constantin Paléologue, gouverneur de Salonique mentionné en 1317 et dont le Despote Constantin tomba amoureux fou en 1320, qui passait pour fort cultivée et instruite dans les humanités et la philosophie païenne (elle connaissait parfaitement Platon) et fort habile dans les discours, au point qu’on la surnommait « nouvelle Théanô » ou « nouvelle Hypatie ».

 

Menage, Hist. mulierum philos. pp. 48-49.
Wolf, Mulierum, index.
Chauffepié, p. 228.

 

Testimonia

1) Nic. Greg., Historia Romana 8, 5 = 1, 293-294 :

Ἐπεὶ γὰρ πρὸς τοῦ πατρὸς καὶ βασιλέως τὴν ἐπιτροπὴν ἐδέξατο τῶν τε ἐν Μακεδονίᾳ πραγμάτων καὶ Θεσσαλονίκης (αὐτῆςδιέτριβε δὲ τὰ πλεῖστα τοῦ ἄστεος ἔνδον Θεσσαλονίκης), ἔρωτι γυναικὸς ἑάλω τινὸς τῶν ἐπιφανῶν. ἦν δὲ αὕτη θυγάτηρμὲν Νεοκαισαρείτου τοῦ πρωτασηκρῆτις, σύζυγος δὲ Κωνσταντίνου τοῦ Παλαιολόγου. οὕτω δ' ἀπαράμιλλος ἦν τῷ τε τῆς ὄψεως κάλλει καὶ τῇ τῆς γλώττης δεινότητι καὶ τῷ ἐφέρποντι τοῦ ἤθους ὑγρῷ, ὥστε οὐ ταῖς τῶν ἐντυγχανόντων μόνονψυχαῖς ἄφυκτόν τινα τὴν ἐρωτικὴν σαγήνην ἐπέῤῥιπτεν, ἀλλὰ κἀκ μόνης τῆς φήμης τοὺς πλείστους πρὸς τοὺς ἑαυτῆςἀνέφλεγεν ἔρωτας. οὕτω γὰρ ἡ φύσις περὶ τὴν ἄνθρωπον ἐφιλοτιμήσατο, ὥστε πολλὴν μὲν ἐπὶ τοῦ προσώπου τὴν εὐρυθμίαν ἐφήπλωσε, πολλὴν δὲ τὴν ὀξύτητα περὶ τὴν διάνοιαν ἐθησαύρισε, πολλὴν δὲ καὶ τῇ γλώττῃ ἐνήρμοσε τὴνπειθὼ καὶ δεινότητα καὶ τὸ εὔστροφον καὶ ἐπίχαρι τῆς ἠχοῦς. ἦνδὲ καὶ σοφίας τῆς θύραθεν οὐκ ἄμοιρος γυνή. ἦν γὰρ ἰδεῖν αὐτὴν πάντα καὶ παντοῖα ῥᾳδίως κατὰ καιρὸν ἐν τῇ ὁμιλίᾳ διὰ γλώττης προφέρουσαν, ὅσα τε αὐτὴ δι' ἑαυτῆς ἀνεγνώκει καὶ ὅσα λεγόντων ἄλλων ἀκήκοεν, ὡς Θεανώ τινα Πυθαγορικὴν καὶ Ὑπατίαν ἄλλην ὀνομάζεσθαι ταύτην πρὸς τῶν ἐφ' ἡμῶν σοφωτέρων. τούτων ἁπάντων Κωνσταντῖνος ὁ δεσπότης, ὡς ἔφημεν, ἐς τὰ μάλιστα ἥττητο καὶ ἀπεπειρᾶτο τῆς γυναικὸς καὶ λάθρα ἠξίου μίγνυσθαι. ἡ δὲ, εἴτε τὸν σύζυγον δεδοικυῖα, εἴτε μυσαττομένη τὸ τῆς πράξεωςἄθεσμον, ἀνθίστατό τε καὶ ἀπετρέπετο. ὅδ' ὅσον ἐκείνην ἀποτρεπομένην ἑώρα, τοσοῦτον αὐτὸς πρὸς μείζονας ἐξεκάετοτοὺς αὐτῆς ἔρωτας· καὶ ἦν ἰδεῖν τὸ τοῦ Πλάτωνος, τὴν ψυχὴν τοῦ ἐρῶντος ἐν ἀλλοτρίῳ ζῶσαν τῷ σώματι. ἐπεὶ δὲ μετὰχρόνον τινὰ τὸν βίον ὁ ταύτης ἀπέλιπε σύζυγος, ἤδη σφοδρότερον ἦν ἐγκείμενος ὁ δεσπότης καὶ πάντα λίθον κινῶν, τὸ τοῦ λόγου, νόμιμον ἀγαγέσθαι βουλόμενος σύζυγον. οὗ δὴ γεγονότος πασῶν εὐθὺς ἐξελάθετο γυναικῶν καὶ ἐρώτων ἄλλωνκαὶ αὐτοῦ γε τοῦ ῥηθέντος υἱέως Καθαροῦ Μιχαὴλ, ὃν ἐκ τῆς θεραπαινίδος γεγέννηκε· καὶ ἦν μόνης θερμῶς ἐξεχόμενος Εὐδοκίας τῆς Παλαιολογίνης. 

Elle n’était pas non plus ignorante de la philosophie païenne. Elle était belle, éloquente, et avait beaucoup de douceur dans les mœurs. Elle était fort instruite dans les humanités, et elle disait avec plaisir dans la conversation les choses qu’elle avait lues ou apprises ; de sorte que les savants la comparaient à la pythagoricienne Théanô ou à Hypatie.

Catherine (Αἰκατερίνη) d’Alexandrie   

Née vers 290 dans une famille noble d'Alexandrie, Catherine était douée d'une grande intelligence et de grandes connaissances qui lui permettaient de rivaliser avec les plus grands poètes, philosophes et savants de l’époque. Une nuit, elle aurait vu en songe le Christ et décidé de lui consacrer sa vie.

Elle aurait subi le martyre en 307 dans les circonstances que voici. L'empereur Maximien étant venu à Alexandrie présider une grande fête païenne et ayant ordonné à toute la population d’offrir des sacrifices aux idoles, la jeune fille, à peine âgée de 18 ans, voulut saisir cette occasion pour le convertir au christianisme et lui proposa une discussion sur les dieux. N’osant répondre lui-même et voulant la mettre à l'épreuve, Maximien lui impose un débat philosophique avec cinquante philosophes, mais au grand dépit de l'empereur, elle réussit à les convertir. Maximien les fait jeter dans la fournaise et jette Catherine en prison. Quelques jours plus tard, l'empereur ordonne de la faire torturer en usant d'une machine constituée de 4 roues garnies de pointes. Par un miracle divin, les roues se brisent sur son corps, et les pointes aveuglent les bourreaux. L’impératrice intervient alors en faveur de Catherine, mais obstiné, Maximien ordonne qu'elle soit décapitée. Il condamne à mort 200 soldats chargés de garder Catherine qui s’étaient convertis au christianisme, et enfin fait exécuter la jeune fille. De son cou aurait jailli non du sang mais du lait. Des anges auraient transporté son corps intact au Sinaï, où il aurait été retrouvé vers le 9e s., tout aussi intact.

Catherine d'Alexandrie semble selon certains historiens avoir été créée, à partir des Croisades, comme un contrepoint chrétien à la grande philosophe païenne Hypatie qui, comme elle, était vierge et très savante. On n’a en tout cas aucun témoignage antérieur au 9e s. Le premier texte de sa Passion a été écrit en grec, on ne sait ni où, ni quand ni par qui, et rapidement traduit en latin.

Sainte et martyre de l’Église fêtée le 25 novembre.

Wolf, Mulierum, index.
Menage, Hist. Mulierum Philosoph. 39-46.


Panypersebasté (Πανυπερσεβάστη)   

Fille de Théodore Métochita, qui fut logothète sous l’empereur Andronic (II) l’Ancien (1282-1328) et son confident, puis ministre d’Andronic (III) le Jeune (1328-1341). Andronic II la maria à son neveu Ioannes Panypersebastos, dont elle prit le titre. Il est curieux de noter que Nicéphore Grégoras, qui fut le disciple de Théodore Métochita, ne mentionne pas le nom de cette fille.

Elle semble avoir frappé les contemporains par son intelligence, son éloquence et sa culture rhétorique et philosophique.

Wolf, Mulierum, pp. 180 sqq.
Menage, Hist. mulierum philos. pp. 49-51.

Testimonia

1) Nic. Greg., Historia Romana 8 = 1, 271 :

Ἦν γε μὴν τηνικαῦτα τῷ βασιλεῖ παραδυναστεύων καὶ πᾶσαν κατάστασιν ὅλοις μεσιτεύων τοῖς πράγμασιν ὁ Μετοχίτης Θεόδωρος, λογοθέτης ὢν τηνικαῦτα τοῦ γενικοῦ. τοσοῦτον δ' αὐτῷ προσετετήκει καὶ οὕτως ὁ βασιλεὺς αὐτοῦ γε ἐξήρτητο, ὥστ' οὐδὲν ἦν αὐτῷ μικρὸν ἢ μέγα τῶν πάντων ἀπόῤῥητον πρὸς αὐτόν· ἀλλὰ πάντ' ἐποίει βουλομένου καὶ τούτου, καὶ αὖθις οὐδὲν, ὃ μὴ τούτῳ πρὸς βουλήσεως ἦν. ἤδη δὲ καὶ γαμβρὸν ἐπὶ θυγατρὶ τὸν ἀδελφιδοῦν τούτῳ παρέσχετο, Ἰωάννην φημὶ τὸν μονογενῆ τοῦ Πορφυρογεννήτου υἱόν.

 

2) Nic. Greg., Historia Romana 8 = 1, 306-7 :

ὀψὲ δ' ἀναγκασθεῖσα ἡ σύζυγος, αὐτὴ μὲν ἀφελῶς ὑπὸ φύσεως ἔχουσα πρὸς τὸ λέγειν, διένευσε πρὸς τὴν θυγατέρα τὴν πανυπερσεβάστην, φθέγξασθαί τι τῇ χρείᾳ καὶ τῷ καιρῷ πρόσφορον. ἦν γὰρ αὕτη νεάζουσα μὲν τὰ τῆς ἡλικίας, ἀλλ' οὖν ἐπὶ μέγα συνέσεως ἥκουσα καὶ γλῶτταν παρὰ τῆς φύσεως εὐτυχήσασα οὐκ αὐτῇ μᾶλλον ἢ Πυθαγόρᾳ καὶ Πλάτωνι καὶ τῶν σοφῶν τοῖς τοιούτοις μάλα προσήκουσαν. ἣ δὴ καὶ διάρασα πρὸς τὸν πατέρα τοὺς ὀφθαλμοὺς ἔλεξε τοιάδε.

(Ε.) „Τολμηρὸν … (v. Fr. 1)

Car cette jeune fille, quoique très jeune encore, mais qui avait atteint un haut niveau de connaissances et qui était très douée de nature pour l’éloquence, ne s’y entendait pas moins qu’à Pythagore et à Platon et aux autres philosophes. Cette jeune fille donc leva les yeux vers son père et prononça les paroles que voici : (v. fr. 1)

 

Fragmentum

1) v. Test. 2 :

„Τολμηρὸν μὲν ἴσως καὶ προπετείας δόξειεν ἄν πως μεστὸν, ὦ πάτερ, θυγατέρα νεάζουσαν ἔτι πρὸς πατέρα παῤῥησιάζεσθαι καὶ ἀμαθίᾳ συζῶσαν γλῶσσαν ἀτενίζειν πρὸς τὸν τῆς σοφίας Ὄλυμπον. ἐπεὶ δ' ἥ τε μήτηρ προτρέπει καὶ μετὰ τοῦ πράγματος ὁ καιρὸς ἐπιτίθεται, φθέγξομαι τό γε εἰς δύναμιν ἧκον. ἵνα τί γὰρ ἐπὶ τοσοῦτον σιγῶν, σοφώτατε πάντων ἀνθρώπων, ἀνέχῃ μὲν γνωσιμαχεῖν ἐπὶ σαυτῷ καὶ κατατήκειν σαυτὸν, κοινωνεῖν δ' ἡμῖν οὐκ ἐθέλεις τῆς γνώμης, ἵνα καὶ τῆς λύπης ἡμεῖς σοι γενόμεναι κοινωνοὶ κουφότερον καταστήσωμέν σοι τὸ πάθος; πολλὴν γὰρ ἡμῖν ἡ τῶν ὄψεων σύγχυσις καὶ ἡ τῆς γλώττης ἀσφάλεια μηνύει σαφῶς τὴν ἐν τῇ ψυχῇ σου τῆς λύπης ἀκμὴν ἣ τῆς καρδίας χειρωσαμένη τὰ καίρια. καθάπερ ἀκρόπολιν ἢ ῥίζαν τινὰ καὶ σύνδεσμον τῶν ζωτικῶν τῆς ψυχῆς δυνάμεων, κάθηται ἀναπόσπαστα ἐπιβοσκομένη τὴν ὥραν τῶν λογισμῶν καὶ συνθολοῦσα τὰς περιόδους αὐτῶν καὶ ἐμβριθὲς ποιοῦσα τὸ ἡγεμονικόν. ὥσπερ δ' ἔλαιον καὶ κηρὸς καὶ καλάμη καὶ χόρτος πυρὸς ἐπεφύκει τροφὴ, οὕτω καὶ σιωπὴ περὶ τὴν ψυχὴν ἠθροισμένους εὑρίσκουσα τῆς λύπης τοὺς ἄνθρακας, καθάπερ ὕλην αὐτοῖς καὶ τροφὴν ἑαυτὴν χορηγεῖ, μηδαμῇ διὰ γλώτ-της ἐξιέναι παραχωροῦσα τὸν ἐγγινόμενον ἐκεῖθεν καπνὸν τῇ ψυχῇ. σὺ γοῦν, ἵνα μὴ τῷ χρόνῳ τὸ πάθος ἰσχὺν εἰληφὸς βλάβην ἀνέλπιστον ἐπιφέρῃ, διανάστηθι πρὸς θεοῦ καὶ γενοῦ σαυτοῦ. οὐ γὰρ σὸν τὴν εὐγένειαν τῆς φιλοσοφίας εἰς τοιαύτην κατασπᾷν σμικροπρέπειαν καὶ ἀωρίαν τοσαύτην τοῦ ταύτης κατασκεδάζειν σεμνώματος. πέφυκε γάρ πως τὸ τῆς λύπης δεινὸν ῥᾷστα τῇ παρατάσει τῆς σιωπῆς πολλαπλασιάζεσθαι. χωρεῖ γὰρ ἀνατρέχον ἐπὶ τὰ ἔνδον ἀεὶ δίκην ἕλκους καὶ οὐ πρότερον ἀφίσταται τοῦ πάντα νέμεσθαι λάθρα τὰ πρόσω, πρὶν ἂν καὶ αὐτοὺς, ὡς εἰπεῖν, διέλθῃ τοὺς μυελοὺς τῆς ψυχῆς καὶ αὐτὰ τοῦ ζώου τὰ καιριώτερα κατατροπώσηται μόρια. καὶ εἰ μέν τι τῶν ἀποῤῥήτων ἐστὶν, ἄλλοις χρεὼν εἶναι ἀπόῤῥητον· ἡμῖν δὲ τοῖς σοῖς καὶ μάλα ἥκιστα.”

 

 


* Philé (Φίλη) d’Éphèse   

 

Certains auteurs voyaient sous ce nom une poétesse byzantine née vers 1275 et morte vers 1340. Mais on n’a aucun renseignement sur sa vie. 

Dans une de ses œuvres, on trouve le nom de Μανουὴλ ὁ Φιλῆς, et donc il doit s’agir d’un homme. La confusion provient sans doute de la forme Φιλῆ, un génitif pris pour un nominatif.

On lui connaît des Iambi de animalium proprietatibus (Στίχοι ἰαμβικοὶ περὶ ζῷων ἰδιότητος), une compilation d’Élien dédiée à l’empereur Michel Paléologue. Il s’agit probablement d’espèces de fables.

Et des Carmina varia : εἰς τὸν κακοπαθῆ μοναχὸν λωβόν (In Monachum Leprosum) ; εἰς τὸν αὐτοκράτορα βασιλέα (In Augustum Andronicum Seniorem) ; un De Plantis, qui comprend εἰς τὸν σταχύν (in Spicam), εἰς τὸν βότρυν (in Uvam), εἰς τὸν ῥόδον (in Rosam), ainsi que εἰς τὸν ῥοίαν (in Malum Punicum) ; In Cantacuzenum (Joannem), une espèce de drame moral en forme de dialogue ; des Epigrammata ; εἰς τὸν ἐλέφαντα (In Elephantem) ; un traité sur le ver à soie περὶ σηροσκοληκός (De Bombyce sive Verme Serico) ; un Éloge de l’historien Pachèmère ; un Epitaphium in Phaerasem ; et In Templum Evergetae.

 

La Bibliothèque de Luxembourg possède l’ouvrage suivant sous la cote 3326 :

Phile, Manuelis, Poema de animalium proprietatibus, textus graecus cum interpretatione in versibus latinis, per Joach. Camerarium (Dans le recueil publié par Lectius à Genève en 1614).

 

Schoell, Hist. Litt. Gr., vol. VI, p. 49; 134-137; 433.
Lehms, Galante Poetinnen, s.v., II p. 194.

 


 

Quelques poétesses au nom grec mais ayant écrit en latin ou dont la langue n'est pas assurée

Eucheria   

 

Poétesse romaine, fin 5e ou début 6e s. apr. JC, dont on a conservé un poème de 16 distiques.

 

Il semblerait qu’Eucheria ait été une femme de haut rang ; demandée en mariage par un esclave, ou en tout cas par quelqu’un d’un rang très inférieur, elle aurait écrit son épigramme sanglante sous le coup de l’indignation. Elle y présente une série de contraires contre nature, avant la pointe finale.

Sa langue sent déjà le bas latin : burra, crassantus, cavannus, sericeus, nullificare, avec quelques fautes de prosodie (silicibus). Mais son poème a une belle tenue due à l’indignation et à la colère, digne de la satire romaine (cf. Sulpicia).

 

Kl. Pauly, s.v.
Poetae minores. M. Cabaret-Dupaty. Paris, Panckoucke, 1842 (texte latin et traduction reproduits ci-dessous)
 
Wolf, Mulierum, index.


Fragmentum

1) PLM 5, 361 sqq.

Satirici versus in quemdam procum

Aurea concordi quae fulgent fila metallo,

Setarum cumulis consociare volo ;

Sericeum tegmen, gemmantia texta Laconum

Pellibus hircinis aequiparanda loquar ;

Nobilis horribili jungatur purpura burrae ;

Nectatur plumbo fulgida gemma gravi ;

Sit captiva sui nunc margarita nitoris,

Et clausa obscuro fulgeat in chalybe ;

Leuconico pariter claudatur in aere smaragdus ;

Compar silicibus nunc hyacinthus eat ;

Rupibus atque molis similis dicatur iaspis ;

Eligat infernum jam modo luna chaos ;

Nunc etiam urticis mandemus lilia jungi,

Perspicuamque rosam dira cicuta premat ;

Nunc simul optemus dispectis piscibus ergo

Delicias magni nullificare freti ;

Auratam crassantus amet saxatilis anguem ;

Limacem pariter nunc sibi tructa petat ;

Altaque jungatur vili cum vulpe laena ;

Perspicuam lyncem simius accipiat ;

Jungatur nunc cerva asino, nunc tigris onagro ;

Jungatur fesso concita dama bovi ;

Nectareum vitient nunc lasera tetra rosatum,

Mellaque cum fellis sint modo mixta malis ;

Gemmantem sociemus aquam luteumque barathrum,

Stercoribus mixtis fons eat irriguus ;

Praepes funereo cum vulture ludat hirundo ;

Cum bubone gravi nunc philomela sonet ;

Tristis perspicua sit cum perdice cavannus,

Junctaque cum corvo pulchra columba cubet ;

Haec monstra incestis mutent sibi tempora fatis ;

Rusticus et servus sic petat Eucheriam.

 

 Épigramme contre un prétendu 

Unissez de vils tissus de crin à de brillants filets d'or, des peaux de bouc à de magnifiques étoffes de laine ou de soie, et la rude bourre lanice à la pourpre superbe ; fixez la pierre étincelante sur le plomb grossier, emprisonnez dans le sombre acier la perle privée de son éclat, enchâssez l'émeraude dans l'airain, mettez de niveau le caillou et l'hyacinthe, assimilez le jaspe aux rocailles et aux pierres brutes, reléguez la lune dans la nuit des enfers, mariez les orties avec les lis, préférez l'affreuse ciguë à la rose vermeille, et ravalez, en faveur du fretin, les plus beaux produits du vaste océan ; figurez-vous que le crapaud, habitant des rochers, aime la couleuvre dorée ; que la truite recherche le limaçon, que la fière lionne se mésallie avec le renard, que le singe s'accouple avec la femelle du lynx aux yeux perçants, la biche avec le baudet, la tigresse avec l'onagre, et la daine légère avec le bœuf pesant ; supposez que le suc du benjoin altère le nectar du vin à la rose, que le fiel amer corrompe la douceur du miel, que le cristal d'une onde limpide se mêle à une bourbe impure, et que la source d'eau vive se confonde avec un fumier infect ; imaginez-vous que l'agile hirondelle joue avec le féroce vautour, que Philomèle chante avec l'odieuse chouette, que le triste hibou vive avec la perdrix enjouée, et que la charmante colombe repose à côté du corbeau en violant ainsi la loi du Destin, ces monstrueuses alliances renverseront à leur profit l'ordre établi par la nature, et alors un esclave attaché à la glèbe demandera la main d'Euchérie.

 

[---] femme de Pompeius Saturninus   

 

Elle serait l’auteure des lettres dans le style de Plaute et de Térence que l’on attribue à son mari, selon Pline.

 

Kroh, s.v. Pompeius Saturninus.
Wolf, Mulierum, index.

Testimonia

1) Plin., Epist. 1, 16, 6 :

Amabam Pompeium Saturninum 

….

Legit mihi nuper epistulas; uxoris esse dicebat.

Il (scil. Pompeius Saturninus) m’a lu récemment des lettres, qui, disait-il, étaient de sa femme.